lundi 8 février 2010

Journal du Monde n°25 : Y’en a plein la caboche


Que je me concentre, d’abord sur ce qui se dit, puis sur ma concentration. Je deviendrai un as. Mais là, ça m’emmerde, j’ai les yeux qui biglent. Je trouve la capacité mémorielle de l’être humain d’une extensibilité extraordinaire. J’ai la caboche énorme (60 de tour, c’est familial) et pleine d’apprentissages ; et, sauf quand c’en est trop, elle accepte l’accumulation.

Les scientifiques font la distinction claire. Le rôle de la mémoire de travail est primordial dans le processus cognitif – compréhension, apprentissage, raisonnement, résolutions, etc. Elle est volatile. A côté d’elle, la mémoire long terme est illimitée et permanente. Il faut voir l’importance de facteurs officieux comme l’attention, la motivation, les intentions qui font que l’Homme (homme ?) oublie ou non. « Se concentrer signifie réunir le tout autour d'un centre, ramasser, focaliser. Par la concentration mentale, le mental se focalise sur un but unique sans pouvoir sauter d'un sujet à l'autre durant une période fixée de temps. L'opposé de la concentration est la dispersion, la dissipation ».

Et le problème, il est bien là. J’en ai plein la cervelle, des rêves et des idées ; c’est égoïste et moins intellectuel, certes, mais ça me passionne une once plus que le passage d’une charte à une autre, que les éléments constitutifs de l’Etat au XIXème siècle. Surtout, ça ne me ronge pas l’organisme et quand ça me fait fermer les yeux, c’est pas pour les mêmes raisons. Mais, dans un monde « d’anarchie et de soif de pouvoir » (dixit les réalistes), la réalisation de l’un ne va pas sans l’exécution de l’autre. Alors j’y vais parce que, quand bien même, c’est intrigant. La réflexion a son comble.

Et malgré tout, je suis frustrée. Je voudrais avoir une vie plus longue et un cerveau – thaumaturgique – encore plus élaboré. La gestion est nécessaire, le droit une arme utile, la langue enrichissante. J’ai fait les trois. Mais ô, les maths me travaillent, j’aspire au bâtiment, la science est bienfaisante, l’éducation sagesse, la musique extravagante. Mais je devrai me suffire aux livres et aux discussions.

C’est d’ailleurs étrange d’étudier cette spécificité, la plus énigmatique, d’après moi, après le big-bang et l’infini ; c’est la spécificité d’un corps, on a pourtant tous le même : deux jambes, deux bras, une face avec des trous et des bosses et un cerveau – ils ont été d’une vivacité hors du commun. Trop vivace ? A tel point que chacun a progressé comme il l’entendait et que nous sommes bien différents les uns des autres : à chacun ses rêves et parfois difficile de se saisir de ceux des autres. Lavoisier dit que « l'homme naît avec des sens et des facultés ; mais il n'apporte avec lui en naissant aucune idée : son cerveau est une table rase qui n'a reçu aucune impression, mais qui est préparée pour en recevoir. »

C’est que l’imaginaire est individuel. Chacun s’en fait, « c’est de la mémoire fermentée ». Je ne sais pas s’il précède ou s’il est réalité. En tout cas il fait rêver et la réalisation est ma superbe quand elle est rare – c’est le zénith.

Je suis à bloc.

Céline

4 commentaires:

Anonyme a dit…

On dit que le monde se décompose en deux catégories : ceux qui s'ennuient et ceux qui souffrent. Le premier est facile, le second gratifiant mais douloureux... entre les deux parfois le coeur balance... c'est selon.

Anonyme a dit…

c mike le poste du dessus :)

Nadine a dit…

j'y comprends pas grand chose

Anonyme a dit…

A quand un nouvel article ?
C'est long dis donc !